La dictée négociée

Principe de base

L’orthographe n’est pas qu’une accumulation de règles indépendantes, mais une machine complexe qui se raisonne. Il nous faut donc une bonne caisse de « raisonnance ». La dictée négociée est un bon moyen de pousser les enfants à réaliser cette réflexion. Elle place les participants dans un statut d’apprenant, mais également de passeur de savoir.

Ces séances permettent à la fois de faire de la différenciation et de privilégier la coopération.

Voir nos dictées négociées


En photos

Je vous invite à découvrir l’album photo de notre première séance pour mieux comprendre l’activité.

Lien vers l’album


Différenciation

La pratique de l’orthographe est une tâche complexe qui sollicite un nombre impressionnant de compétences. La transmission de savoir ne peut combler les besoins de chaque individu. De plus, on le sait, une simple mémorisation n’est pas le gage d’une compréhension à long terme.

Le fait que les dictées soient négociées, argumentées donne à chacun l’occasion de travailler sur ses propres concepts. Au final, une synthèse personnelle peut d’ailleurs être réalisée par les participants en fonction des découvertes que chacun aura faites.


Compétences en jeu

Oui, parce que finalement, il s’agit bien d’un jeu et nous savons tous à quel point le jeu est motivant et impliquant. Voici quelques compétences dont la liste a été réalisée avec l’aide de @LatchoBxl :

  • Autour de la négociation, les enfants sont amenés à faire surgir les représentations qu’ils ont d’un concept. C’est parfois même une découverte pour eux d’ailleurs.
  • Comparer ces représentations à celle des autres, créer une liste collaborative, un arbre de connaissances.
  • C’est une réelle construction de stratégies.
  • L’argumentation est une part très importante de la dictée négociée. Les enfants sont amenés à justifier leurs choix aux yeux des autres. L’enseignant n’est pas ici le destinataire, chaque enfant pourra contreargumenter ou valider les idées.
  • L’orthographe n’est plus une montagne insurmontable ou une institution immuable, la maitrise de la langue est ici en construction : chacun consolide ses propres concepts, cherche des solutions parce que les enfants ne sont plus dans un cadre de mémorisation, mais de résolution de problèmes. L’erreur n’est pas dénoncée, chaque solution ajoute l’eau au moulin.

Quelles dictées ?

La grande question est toujours de savoir quel texte conviendra mieux qu’un autre. Personnellement, je préfère associer les dictées négociées aux expressions écrites. L’idée est donc d’extraire une partie d’un texte rédigé par un enfant pour l’utiliser dans cette mise en situation. Il me semble que cela ajoute un élément essentiel à cette pratique : la prise de sens. Bien branchés sur cette prise, les enfants sont impliqués par ce flux de données. Loin d’un courant alternatif, nous travaillé sur le courant continu(ité).


Les étapes

Cette activité se compose de différentes phases. Voici comment je pratique la séquence en classe, loin d’être sans doute LA bonne méthode.

  • Dictée individuelle : les enfants écrivent la dictée au cahier de brouillon. Aucun outil sous la main, simple dictée individuelle.
  • Mise en commun :
    • Nous formons des équipes (trois me semble un nombre cohérent).
    • Chaque enfant choisit une couleur pour identifier l’écriture de chacun.
    • Un premier enfant copie la première phrase.
    • Les autres écrivent chaque mot qu’ils ont écrit différemment en dessous ou au-dessus du mot en question.
    • Dans cette étape, il n’y a aucune discussion. Chacun écrit ce qu’il a mis dans son cahier.
  • Phase de l’enseignant :
    • L’implication de l’enseignant est délicate, car il ne doit pas se substituer aux négociations des enfants.
    • L’enseignant entoure dans les mises en commun des éléments où les enfants ont tous les mêmes erreurs ou des éléments qui ne présentent aucune bonne solution. L’idée est de mettre en évidence certaines erreurs pour pousser les enfants à en discuter.
    • Mis à part le fait d’entourer, l’enseignant ne donne aucune autre indication.
  • La négociation :
    • En équipe, les enfants doivent sélectionner ce qui leur semble la bonne réponse.
    • Pour cela, ils doivent obligatoirement argumenter.
    • L’argumentation doit être solide, les enfants doivent se référer à des règles lorsque c’est possible.
  • Mise en lumière des règles :
    • Les enfants numérotent certaines corrections (avec l’aide de l’enseignant si nécessaire) et justifient les réponses sur une feuille à part en se servant, si possible de règles.
  • Utilisation des référents :
    • En dernière étape, les enfants peuvent avoir recours à leurs référents après la vérification de l’enseignant. Cela leur permet d’affiner leurs réponses, toujours en se basant sur l’idée de l’argumentation.
  • Correction collective :
    • L’ensemble des affiches est placé côte à côte. Nous travaillons avec un ordinateur et un projecteur. Nous réalisons une synthèse propre en comparant les résultats de tout le monde.
    • C’est l’occasion également de constituer un référent relié à cette dictée négociée avec les différentes règles qui ont permis d’argumenter les solutions trouvées.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.