Les abbayes

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Synthèse: la vie à l’abbaye


L’abbaye d’Orval

Maison de chercheurs de Dieu, le monastère constitue une école de charité, de fraternité et de simplicité.

Un monastère est un ensemble de bâtiments où vit une communauté religieuse de moines ou de moniales.

On parle d’abbaye s’il est dirigé par un abbé

Monastère a pour étymologie le nom latin « monasterium », du grec « monos » qui veulent dire : « seul ».

Un jour qu’elle chassait dans les bois du comté de Chiny, la comtesse Mathilde de Toscane s’arrêta au bord d’une fontaine dans une vallée. Voulant boire, elle y laissa tomber son alliance. L’histoire ajoute qu’elle se mit alors à prier Dieu. Par la suite, une truite apparut à la surface de l’eau, portant en sa bouche le précieux anneau. Mathilde se serait alors écriée : « Vraiment, c’est ici un val d’or ! » Cela deviendra Orval !

L’histoire de l’abbaye d’Orval se résume en trois points :Cette fontaine Mathilde se trouve avant les ruines de l’abbaye.

  1. La première abbaye fut construite et occupée de 1132 à 1783. Elle sera démolie, car les bâtiments étaient trop vieux, trop abimés et bien trop petits. Elle est aujourd’hui en ruines : ces ruines peuvent être visitées. Elles permettent de se faire une idée de ce qu’était l’abbaye à cette époque.
  2. Une deuxième abbaye plus grande a été construite à partir de 1759, avant la démolition de la première. Mais en 1793, des troupes révolutionnaires françaises incendièrent le nouveau monastère. Les moines ont dû partir et la communauté fut dispersée.
  3. La troisième abbaye voit le jour en 1926, sur les ruines de la seconde. Seuls les moines peuvent pénétrer dans cette abbaye. On peut seulement apercevoir l’extérieur des bâtiments de celle-ci.

Être moine

Un moine, c’est un homme qui a perçu, au plus intime de son cœur, l’appel du Christ : « Va, quitte ton pays, ta famille, laisse tous tes biens, et viens, suis-moi ! »

Dans la foi, le moine a répondu : « Oui, me voici, Seigneur. »

Et il est entré au monastère, où il a rejoint d’autres hommes qui avant lui et comme lui se sont engagés à suivre le Christ sur le chemin de la vie monastique.

Le moine désire vivre pleinement. Pour cela, il a perçu qu’il est invité à revenir d’abord à son cœur, à rentrer en soi-même. Là, en ce lieu le plus intérieur de sa personne, chacun peut entrer en relation avec Dieu.

La vie d’un moine est caractérisée par trois parties importantes : la prière, le travail, la vie communautaire

Dans l’agenda des moines, ce qui passe en premier, ce sont les rendez-vous avec Dieu. La journée est organisée autour de ces moments gratuits que sont les heures de prière.

C’est là tout le prix de la vie monastique : elle prévoit des moments où on ne fera rien d’autre que de prendre le temps de vivre pour Dieu, le temps de se retrouver en frères pour chanter ensemble l’amour de Dieu pour l’homme, le temps aussi de demeurer dans le silence en présence de Celui qui donne la vie.

5 h

  • Vigiles : temps de prière communautaire
  • Lectio Divina : prière silencieuse, méditation de la Bible
  • Petit déjeuner

7 h 30

  • Laudes : temps de prière communautaire
  • Chapitre : réunion communautaire
  • Temps d’étude
  • Matinée de travail

12 h

  • Sexte : temps de prière communautaire

12 h 15

  • Repas de midi

14 h 15

  • Après-midi de travail

17 h 30

  • Vêpres : temps de prière communautaire avec célébration de l’eucharistie.
  • Repas du soir
  • Temps personnel, rencontres, conférences…

20 h

  • Complies : temps de prière communautaire

La règle de Saint-Benoit fixe l’ensemble des activités des moines. Le silence faisant partie de la règle, les moines communiquent entre eux par des signes. En dehors des fêtes, les journées des moines se ressemblent toutes. La journée du moine est divisée en trois parts égales entre la prière, le travail et le repos.


Prières

À des heures régulières, les moines interrompent leurs activités pour se rassembler à l’église dans une prière commune. Au rythme des heures du jour et de la nuit, ils écoutent la Parole de Dieu.

Une communauté d’hommes qui fait de la prière l’activité essentielle de sa vie rappelle à tous que Dieu est vivant, qu’il est présent et qu’ils sont en relation avec lui et que cela les comble. Prier, c’est nous approcher du Vivant, pour qu’il nous donne la vie.

En plus de ces prières communautaires, les moines ont des temps de prières personnelles : dans la solitude de la chambre, à la salle d’étude, à l’église ou à l’extérieur dans le cloitre. Le silence y a une place importante, mais il n’est pas vide : il est habité de l’attention à Dieu et à sa Parole.


Travail

Une partie importante de la vie d’un moine est sa participation à la vie quotidienne.

Les moines consacrent chaque jour de longues heures à un travail qui leur permet de gagner leur vie et de venir en aide à autrui. L’oisiveté est ennemie de la prière : le travail joue un rôle équilibrant. En travaillant, en portant le poids et les soucis des tâches matérielles, ils se soumettent à la loi commune du travail : tu gagneras ton pain à la sueur de ton front. Ce travail, vécu autant que possible dans le calme et la paix, et assumé en esprit de solidarité et de service, peut se transformer en une prière simple et sobre, sous le regard de Dieu.

À Orval le travail est très diversifié : exploitation forestière, atelier de confiserie, de reliure et d’iconographie, manutention pour la Brasserie d’Orval, sans oublier les multiples services et les tâches ménagères que nécessite une communauté stable d’une dizaine de moines : cuisine, buanderie, infirmerie, bibliothèque…

Deux frères fabriquent des bonbons au miel avec du miel de lavande, selon un savoir-faire totalement artisanal.

Les frères plus jeunes entretiennent le domaine forestier inscrit en Natura 2000, et qui abrite la réserve naturelle des près d’Orval. Ils assurent le façonnage de bois de chauffage, conditionné en stère fendu et découpé par buches de 33 cm.


Vie communautaire

Devenir moine, c’est devenir un frère parmi d’autres frères, dans une communauté de vie où l’on s’engage pour toujours, par le vœu de stabilité. Cette vie ne va pas sans un profond renoncement à soi-même. Mais ce dépouillement assumé librement conduit à la joie : de génération en génération, les moines ont aimé reprendre ces mots d’un psaume : « Voyez comme il est bon, comme il est doux d’habiter en frères tous ensemble. »

Un frère élu parmi les frères assume la charge d’abbé. Père spirituel de la communauté, il tient dans le monastère la place du Christ. Il veille à garder dans l’unité des frères bien différents et à stimuler entre eux la vie de communion et de partage. Il rencontre personnellement chacun, pour l’écouter et pour lui confier sa tâche propre au service du corps communautaire.


Jardin des plantes médicinales

La création du jardin médicinal de l’abbaye d’Orval date de 1774. Avant cela, il s’agissait d’un enclos où un jardinier soignait quelques pêchers et un carreau d’asperges. Au Moyen-Âge, les plantes étaient sélectionnées en fonction de leur utilité immédiate. Le jardin n’avait à l’époque pas de plan et était de forme géométrique. Pour l’agrandir, il suffisait d’ajouter un carreau à côté des autres.

À côté du jardin des plantes médicinales se trouve l’ancienne pharmacie datant du 18e siècle, date de la construction de l’abbaye. Dans la pharmacie, le frère pharmacien, accompagné de deux apothicaires, préparait toutes sortes de remèdes composés principalement de substances à base de végétaux. Des cueilleurs leur ramenaient des racines, herbes, fleurs pour pouvoir concocter les médicaments et ils les distribuaient aux pauvres du voisinage.


Vêtement des moines

Voici la description des habites portés par les moines de l’abbaye d’Orval :

L’habit est composé d’une tunique de laine naturelle. Par-dessus, ils mettent un scapulaire, sorte de tablier posé sur les épaules qui descend jusqu’aux genoux.

La tunique est serrée à la taille par une ceinture de cuir. Aux jambes, ils portent des bas de laine. Ils se chaussent le plus souvent de sandales.


Salle des chapitres (salle capitulaire)

On appelle salle capitulaire ou salle des chapitres l’endroit où les moines de réunissent pour échanger. Avant de prendre une décision, ils étaient consultés et pouvaient exprimer leur point de vue. Ainsi, ils avaient tous « voix au chapitre ».


 

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